18. août 2023
Inspirations
Cette année, deux œuvres musicales captivantes ont été publiées qui ont pour sujet des œuvres d’art visuel : „For the Love of Fire and Water“ (Rogueart) de Myra Melford, qui s’est inspirée de l’œuvre du même nom de Cy Twombly, également appelée cycle de Gaeta (collection Brandhorst, Munich), datant de 1981, et les „Secular Psalms“ (Greenleave music) de Dave Douglas, une œuvre de commande pour le 600e anniversaire de l’Autel de Gand un retable à volets créé par Jan van Eyck.
L’art de Cy Twombly (1928-2011) et la musique de Myra Melford (*1957) ont ceci de commun qu’ils irritent d’abord par leur abstraction et que plus on s’y intéresse, avec les contextes ou simplement en les regardant ou en les écoutant, l’abstraction - dès qu’on l’accepte - révèle peu à peu une esthétique d’où naissent de passionnantes explosions de formes, de sons et de couleurs. Pour „For the Love of Fire and Water“, la pianiste s’est entourée de musiciennes très individuelles et puissantes : Mary Halvorson à la guitare, Ingrid Laubrock au saxophone, Tomeka Reid au violoncelle et Susie Ibarra à la batterie.
Comme Myra Medford, le trompettiste Dave Douglas (*1963) a réuni pour sa production des „Secular Psalms“ un ensemble de jeunes musiciens américains et européens. La violoncelliste Tomeka Reid est également présente, la pianiste Marta Warelis, Berlinde Deman joue du serpent et du tuba et chante, le guitariste Frederick Leroux et à la batterie Lander Gyselinck. Des instruments de la fin du Moyen-Âge comme le luth et le serpent sont utilisés, de même que la guitare électrique, l’électronique et le hennissement des chevaux. La combinaison du mysticisme religieux du 15e siècle et du contemporain donne ici une musique vraiment nouvelle et singulière, dont la richesse des détails n’a rien à envier à la peinture de Jan van Eyck (vers 1390-1441). Difficile à saisir, mais peut-être est-ce justement pour cela cet oeuvre est extrêmement séduisante.