mingus

L’éléphant dans le magasin de jazz

Une apparence imposante, un grand instrument, un caractère qui a brisé pas mal de „porcelaine“ - et surtout une œuvre énorme et variée, avec de nombreuses compositions tout à fait énormes.

Comme point de départ, je propose ici cinq albums :

1 ― Pithecantrophus Erectus (1956, Atlantic), dont le morceau du titre raconte l’ascension et la chute des premiers hommes et décrit musicalement de manière très plastique la soupe primitive de faune et de flore dans laquelle cela se passe - l’un des morceaux les plus puissants du jazz.

2 ― Presents Charles Mingus (1961, Candid), avec la version originale des „Fables of Faubus“, avec des paroles récitées, une déclaration enragée contre la discrimination raciale et „What Love“, un dialogue très „bavard“ entre la basse de Mingus et le saxophone d’Eric Dolphy. 

3 ― Money Jungle (1962, United Artists) : l’épreuve de force de trois musiciens de légende et de deux générations : Charles Mingus (*1922) à la basse, Max Roach (*1924) à la batterie et Duke Ellington (*1899) au piano - qui est ici responsable des compositions - dont l’auditeur sort en tout cas vainqueur.

4 ― Oh Yeah (1962, Atlantic) : un album très blues, dont l’esprit et la richesse des variations ressemblent à peu près à un disque de Frank Zappa, même si l’influence était bien sûr inverse. Sur cet enregistrement, Mingus joue du piano, qu’il utilisait habituellement pour composer, et bien qu’il soit loin de la virtuosité de la contrebasse, avec le suivant il s’agit de l’un des plus beaux disques de son œuvre :

5 ― Mingus plays Piano (1964, Impulse), un disque en solo dans lequel il laisse libre cours à ses pensées en jouant et en improvisant, et montre l’éléphant dans des dimensions très sensibles.

post scriptum: Contrairement à ma philosophie qui consiste à toujours considérer un album comme un tout, j’aime aussi particulièrement certains morceaux de Charles Mingus, comme „Freedom“ (Mingus 5x, 1963), le „Haitian Fight Song“ (The Clown, 1957) ou „Half Mast Inhibition“ (Pre-Bird, 1960).